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All images and site content copyright © 2019 Louise Van Reeth

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Plus que la nature, c’est la matière brute qu’il faut saisir dans les installations de Louise Van Reeth. Le charbon, le marbre, la lave ou l’or sous la forme de feuilles volatiles, constituent le répertoire avec lequel l’artiste travaille. Des éléments purs puisés au sein des paysages. Des matériaux nobles qui se confrontent à d’autres qui le sont parfois moins et se complètent au sein d’un même espace recomposé par l’artiste.

 

En effet, il ne s’agit pas de composer en imposant une forme à la matière. La pratique de l’artiste s’apparente davantage à la recomposition, au “faire avec”. Car elle accorde un certain respect, presque une retenue face à l’élément naturel qu’elle exploite. Puisque chaque pierre a été façonnée par les aléas du temps et que chaque morceau de charbon détient en sa qualité intrinsèque l’histoire de l’arbre qu’il fût, il s’agit ici, de sélectionner, de choisir, ou de retenir avec attention l’élément clé au regard de la composition afin qu’il participe à la réalisation d’un tout harmonieux.   

 

C’est au travers de la forme du mandala que ce tout harmonieux s’exprime. Le mandala est dans la tradition hindoue la représentation spirituelle du cosmos. Sa forme circulaire concentrique est un support de médiation vers une connaissance d’ordre spirituel. Repris sous le point de vue de la psychanalyse, Jung considère le mandala comme une description et une symbolisation de la totalité psychique dont la fonction transcendante a pour moteur le symbole vivant et pour véhicule, le rêve. Sur base de cette approche les mandalas de Louise Van Reeth, sont apparentés à une exploration personnelle d’un thème universel.

 

Dans ses diptyques, la couleur tient une place importante et joue avec les matières naturelles qui habitent l’œuvre. Contrairement un à recentrement sur elle-même comme on le retrouve dans les mandalas, l’œuvre tend ici à déborder sur le champ du cadre dans une quête d'infini équilibre entre l'organique et le géométrique, entre le pigment saturé et les tons tendres et naturels.

 

C’est le travail lent et minutieux en écho aux gestes des pratiques artisanales qui exalte les qualités du minéral et de l’organique. Bruts, tout juste assemblés, leur apparence découle pourtant d’une histoire à considérer sur le long terme. Ces ensembles composent à eux seuls un monde. Il faut y voir une poursuite d’équilibre, une recherche de captation du moment en suspens, fugace. Au travers de cette volonté de “ faire exister” ensemble ces éléments “matériologiques”, Louise Van Reeth souligne le caractère transitoire de toute chose.

 

Gwenaëlle de Spa