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Le Vide dans la philosophie chinoise. p. 51.

En Chine, l’idée du Vide existe, dès l’origine, dans l’ouvrage initial de la pensée chinoise qu’est le Livre des Mutations. Ouvrage déterminant, car les principales écoles de pensée nées à l’époque des Royaumes Combattants (Ve s. – IIIe s. avant notre ère) se sont situées par rapport à lui et ont subi son influence. Toutefois, les philosophes qui ont fait du Vide l’élément central de leur système sont ceux de l’école taoïste. L’essentiel de ce système a été formulé par les deux fondateurs de l’école : Lao-tzu et Chuang-tzu (…)

A travers les textes de Lao-tzu et de Chuang-tsu on ne manque pas de constater une sorte de confusion sur le statut du Vide : celui-ci y est perçu comme appartenant à deux règnes : nouménal et phénoménal. (nb Cette dichotomie noumène/phénomène, pour inadéquate qu’elle puisse être, nous parait mieux cerner la pensée chinoise que la dichotomie transcendance/immanence. Par noumène, nous entendons ce qui relève de l’Origine, ce qui est encore indifférencié et virtuel. Par phénomène, nous désignons les aspects concerts de l’univers créé. Les deux, noumène et phénomène, ne sont pas séparés ni en simple opposition ; sans être du même niveau, ils entretiennent des liens organiques.)

Il est à la fois cet état suprême de l’Origine et l’élément central dans le rouage du monde des choses. (…)




- Le Vide participant du nouménal

Le Vide est le fondement même de l’ontologie taoïste. Ce qui est avant le Ciel-Terre, c’est le Non-avoir, le Rien, le Vide.

Chuang-tsu (chap. « Continence du Cœur ») « Le Tao se fixe sur sa racine qui est le Vide. »

Huai-nan-tzu (chap. « Les lois du Ciel ») « Le Tao a pour origine le Vide. Du Vide est né le Cosmos dont émane le Souffle vital. »

D’après les deux dernières citations, on voit que le Vide est lié au Tao « la Voie ». (…)

Quant à Chuang-tsu, il enseigne qu’on ne peut concevoir le Tao qu’en fonction du Vide : Chuang-tsu (chap. « Intelligence voyage dans le Nord ») Sans-Commencement dit : « Le tao ne peut être entendu ; ce qui s’entend n’est pas lui. Le Tao ne peut être vu ; ce qui se voit n’est pas lui. Le Tao ne peut être énoncé ; ce qui s’énonce n’est pas lui. Qui engendre les formes est sans forme. Le Tao ne doit pas être nommé. »

(…)

- Le Vide participant du phénoménal

Après avoir affirmé la primauté du Vide dans l’ontologie taoïste, il convient de souligner l’importance du rôle joué par le Vide dans les domaines du monde matériel. Si le Tao a pour origine le Vide, il ne fonctionne, en animant les Dix-mille êtres, que par le Vide d’où procèdent le Souffle primordial et les autres souffles vitaux. Le Vide n’est pas seulement l’état suprême vers lequel on doit tendre ; conçu comme une substance lui-même, il se saisit à l’intérieur de toutes choses, au cœur même de leur substance et de leur mutation. Le Vide vise la plénitude. C’est lui en effet qui permet à toutes choses « pleines » d’atteindre leur vraie plénitude. Ainsi Lao-tzu a pu dire : « La grande plénitude est comme vide ; alors elle est intarissable » (chap. XLV).





(…) Dans la peinture chinoise rappelons d’abord l’importance de la cosmologie, dans la mesure où la peinture ne vise pas à être un simple objet esthétique ; elle tend à devenir un microcosme recréant à la manière d’un macrocosme, un espace ouvert où la vraie vie est possible. (Wang Wei : « Au moyen d’un menu pinceau, recréer le corps immense du Vide » Tsung Ping : « Le contact spirituel une fois établi, les formes essentielles seront réalisées ; de même sera capté l’Esprit de l’Univers. La peinture ne sera-t-elle pas alors aussi vraie que la Nature elle-même ? » )


© François Cheng, Vide et plein : Le langage pictural chinois, Paris, Éditions du Seuil,1991.

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Animals, vegetables and minerals take part in the world of art. The artists feels attracted by their physical, chemical and biological possibilities, and he begins again to feel the need to makes things of the world, not only as animated beings, but as a producer of magic and marvelous deeds. The artist-alchemist organizes lining and vegetables matter into magic things, working to discover the root of things, in order to re-find them and exto them. His work, however, does include in its scope the use of simplest material and natural elements (copper, zinc, earth, water, river, land, s


now, fire, gras, air, stone, electricity, uranium, sky, weight, gavity, heights, growth, etc.) for a description or representation of nature. Whet interests him instead is the discovery, the exposition, the insurrection of the magic and the marvelous value of natural elements. Like a organism of simple structure, the artist mixes himself with the environnement, camouflages himself, he enlarges his threshold of things. (…)


Giovanni Anselmo, Senzo titolo (Struttura che mangia), 1968. Granit, fils de cuivre et laitue fraîche, 70 x 23 x 37 cm.

© Giovanni Anselmo © Centre Pompidou, Direction de l'action éducative et des publics, 2001.

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(...) Les plus grands éléments de la Nature sont, je crois, les plus agréables à contempler; et, après la voûte des Cieux, les espaces immenses de l'éther et l'admirable vision des étoiles, il n'est rien qui réjouisse davantage mes yeux et mon âme que le vaste Océan et les hautes montagnes de la Terre. Celles-ci, comme celui-là, ont je ne sais quoi de grandiose et d'auguste, qui inspire à l'esprit de magnifiques émotions et méditations. Alors, spontanément, la pensée s'élève, pour le vénérer, vers le suprême Auteur et Créateur des choses; et nous reconnaissons avec joie que notre esprit, qui contemple cette grandeur, n'est point si petit. Tout ce qui recèle ne fût-ce qu'une ombre d'Infini, emplissent nos sens pour que nous puissions aisément comprendre, répandent en notre âme une sorte d'agréable stupeur. (...)



© Thoma Burnet, repris p. 284 in Umberto Eco, Histoire de la Beauté, Paris, Flammarion, Groupe Madrigall, 2010.© Umberto Eco




© Karl Friedrich Schinkel, The Gate In The Rocks, huile sur toile, 74 x 48 cm, 1818, Berlin, Alte Nationalgalerie.


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