Ce 17 février 2021, le pin noir de Hongrie se trouvant dans le jardin de mes voisins a été abattu. Ce pin qui a lui seul incarnait le souvenir de mes nombreux voyages en Italie, ce pin que je contemplais tout les jours, dans lequel je pouvais me fondre ne serait plus. 

 

Quel effroi de voir la rapidité à laquelle on met un arbre au sol, lui qui pendant 60 ans a poussé vers le ciel pour atteindre sa taille et sa ‘majestuosité’.

La beauté d’un arbre n’est pas seulement ce que l’on voit mais ce qui existe au delà de celui-ci. En cette fin de journée, quelques branches et deux morceaux de tronc gisent dans mon salon. De l’extérieur, mon pin de Hongrie est rentré à l’intérieur. Il faut maintenant lui rendre hommage et tenter d’en conserver la trace de sa grandeur.

 

Plus un contemplateur a l'âme sensible plus il se livre aux extases qu'excite en lui cet accord. Une rêverie douce et profonde s'empare alors de ses sens, et il se perd avec une délicieuse ivresse dans l'immensité de ce beau système avec lequel il se sent identifié. Alors tous les objets particuliers lui échappent ; il ne voit et ne sent rien que dans le tout. Il faut que quelque circonstance particulière resserre ses idées et circonscrive son imagination pour qu'il puisse observer par parties cet univers qu'il s'efforçait d’embrasser.” Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, 7ème promenade, 1782.

Le Pin de Hongrie n'était plus, installation pin et feuille d'or, 250 cm x 100 cm, 2021_
Le Pin de Hongrie n'était plus, installation pin et feuille d'or, 250 cm x 100 cm, 2021_
Le Pin de Hongrie n'était plus, installation pin et feuille d'or, 250 cm x 100 cm, 2021_

Mon Pin de Hongrie, pine tree from Hongria and gold leaf, 50 cm x 200 cm, 2020.